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Ventrèche de thon Ortiz ou ventrèche Balima : comparer deux maisons, deux espèces

Quelle différence entre la ventresca de thon d’Ortiz et la ventrèche de Balima ?

Ortiz met en boîte de la ventresca de bonito del norte, le germon du Cantabrique ; Balima ne travaille que la ventrèche d’albacore, parée à la main et couverte d’huile d’olive. Même morceau, deux espèces : le germon donne une chair claire et fine, l’albacore une chair plus rose, plus grasse, en pétales entiers.

Publié le · 9 minutes de lecture

À retenir

  • Ortiz et Balima mettent en conserve le même morceau — la partie ventrale du poisson — mais pas la même espèce : bonito del norte (germon) chez Ortiz, albacore chez Balima.
  • Le germon donne une ventresca pâle, à fibre fine et au goût discret ; l’albacore donne une ventrèche plus rosée, plus grasse en bouche, au goût de thon plus franc.
  • Chez Balima, la ventrèche est parée à la main : les pétales arrivent entiers dans la boîte, couverts d’huile d’olive qui fait partie de la recette et non d’un simple remplissage.
  • Une ventrèche en conserve se mange telle quelle, sans cuisson : à la fourchette, sur du pain, en salade, au plus avec un tour de moulin.
  • Une fois la boîte ouverte, transférez la chair et son huile dans un contenant en verre fermé et gardez-la au froid deux à trois jours.

Deux ventrèches, une seule question

Ortiz et Balima mettent en boîte le même morceau : la ventrèche, la bande grasse qui court sous le ventre du thon. Les deux maisons le choisissent pour la même raison. Ce qui les distingue, c'est l'espèce, et ce qu'elle donne une fois la boîte ouverte.

Le même morceau

La ventrèche ne représente qu'une petite part du poisson. Elle est plus tendre que la longe, plus grasse, plus courte en mâche, et elle se vend à part, en petits formats.

Deux espèces

Ortiz travaille le germon, le bonito del norte des conserveries basques. Balima ne travaille que l'albacore. Trois définitions posent les termes avant de comparer.

Ventrèche — Bande de muscle qui court sous le ventre du thon, de la gorge jusqu’aux nageoires. C’est la zone que le poisson sollicite le moins, celle où la graisse s’infiltre entre les fibres : la chair y est plus tendre, plus fondante et plus courte en mâche que la longe. Sur un poisson entier, la ventrèche ne représente qu’une petite part du poids, ce qui explique qu’elle se vende à part, en petits formats, et jamais en volume. Les conserveries du golfe de Gascogne en ont fait une catégorie à elle seule, sous son nom espagnol.

Aussi appelés ventresca, partie ventrale du thon.

Germon (bonito del norte) — Thunnus alalunga, le thon blanc des eaux tempérées. Sa chair cuit presque blanche, la fibre est fine et serrée, le goût discret, presque lacté. C’est l’espèce historique des conserveries basques et cantabriques, et celle qu’Ortiz, maison fondée en 1891, a installée comme référence de la ventresca. Un amateur de germon cherche la délicatesse plus que la puissance : une chair qui s’efface derrière l’huile et le pain.

Aussi appelés bonito del norte, thon blanc, Thunnus alalunga.

Albacore — Thunnus albacares, le thon à nageoires jaunes. Sa chair est plus colorée que celle du germon, rosée à ambrée après cuisson, le grain plus large, le goût de thon plus net. Sur la partie ventrale, cette différence se lit tout de suite : la graisse est plus présente, les pétales se détachent en larges lamelles qui fondent sous la langue. C’est la seule espèce que Balima met en boîte, et uniquement sur ce morceau.

Aussi appelés thon à nageoires jaunes, Thunnus albacares.

Ortiz, la référence du germon

Une conserverie basque depuis 1891

Ortiz est une maison basque, fondée en 1891, qui met en conserve plusieurs poissons, du germon à l'anchois. Sa ventresca de bonito del norte est l'une des plus connues au rayon des épiceries fines : c'est souvent par elle qu'on découvre la ventrèche.

Ce que la maison met en avant

Sur cette boîte, Ortiz met en avant trois choses, qui sont les siennes :

  • l'espèce, le bonito del norte, c'est-à-dire le germon ;
  • le morceau, la ventresca, présentée à part du reste du poisson ;
  • l'huile d'olive, qui couvre les morceaux.

À la dégustation, c'est l'espèce qui donne le ton : une chair claire, une fibre fine, un goût qui reste discret.

Balima, un seul morceau d'albacore

La ventrèche, et elle seule

Balima ne met en boîte qu'une chose : la ventrèche d'albacore à l'huile d'olive, préparée en petites séries.

Parée à la main

La ventrèche est parée à la main : les pétales sont séparés plutôt que tranchés, et ils arrivent entiers dans la boîte. On peut les poser tels quels sur une assiette.

L'huile d'olive fait partie de la recette

L'huile d'olive est choisie comme un ingrédient. Pendant le temps passé en boîte, elle prend le gras et le parfum du poisson, et elle se sert avec lui.

Côte à côte

Le tableau qui suit met les deux ventrèches terme à terme, de l'espèce à l'usage.

Ventresca Ortiz et ventrèche Balima, terme à terme
CritèreVentresca de bonito del norte (Ortiz)Ventrèche d’albacore (Balima)
EspèceGermon, Thunnus alalungaAlbacore, Thunnus albacares
MorceauPartie ventrale uniquementPartie ventrale uniquement
MaisonConserverie basque fondée en 1891, catalogue large de conserves de poissonMaison qui ne met en boîte que ce morceau, en petites séries
Couleur de la chairClaire, presque ivoireRosée à ambrée
Grain et textureFibre fine et serrée, fondante et délicateGrain plus large, pétales gras qui se défont en bouche
GoûtDiscret, doux, peu marinFranc, plus long, goût de thon assumé
CouvertHuile d’oliveHuile d’olive, choisie comme ingrédient de la recette
DécoupeMorceaux de ventresca rangés dans la boîteParage à la main, pétales laissés entiers
Usage qui lui va le mieuxPain grillé, tomate, piquillos, pintxoÀ la fourchette, sur pain, en salade tiède, avec des légumes de caractère
Ce qu’elle fait de mieuxLa finesse : une chair qui se laisse oublierLe gras et la mâche : une chair qui tient le milieu de l’assiette

Germon ou albacore : ce qui change dans l'assiette

Le tableau a posé les termes. Voici ce qu'ils deviennent à la dégustation.

La couleur et le grain

Le germon cuit presque blanc, la fibre fine et serrée. L'albacore garde une couleur rosée à ambrée, le grain plus large : sur la ventrèche, il se défait en larges pétales.

Le goût

Le germon reste discret, presque doux ; il laisse la place au pain et à l'huile. L'albacore a un goût de thon plus franc, plus long en bouche.

Le gras

Les deux ventrèches sont grasses : c'est le propre du morceau. Sur l'albacore, ce gras se sent davantage, et les pétales fondent sous la langue.

Le second tableau part de ce que vous cherchez, plutôt que des deux boîtes.

Choisir selon ce que vous cherchez
Ce que vous cherchezPlutôt le germonPlutôt l’albacore
Un goût de poisson discret, pour des convives prudentsOuiMoins
Une chair franche, qui tienne tête à une tomate mûre ou à un oignon douxMoinsOui
Du gras en bouche, de la fonte, du moelleuxPrésentPlus marqué
Des pétales entiers à poser à la fourchette sur une assietteVariable selon la boîteRecherché, parage à la main
Une huile d’olive à récupérer pour le pain ou la saladeOuiOui
Servir sans rien ajouter, hors de toute recetteOuiOui

Servir une ventrèche, et la garder

Une ventrèche en conserve se mange telle quelle : le poisson est déjà cuit, et la chaleur le dessèche. Elle se sert à température ambiante, quand l'huile d'olive est redevenue liquide.

Ce qui l'accompagne

  • un pain grillé, frotté de tomate ou non ;
  • des pommes de terre tièdes, en salade ;
  • des poivrons grillés, un oignon doux, des haricots blancs ;
  • quelques gouttes de son huile, et rien de plus.

Ouvrir, puis garder

Les deux suites d'étapes qui suivent disent comment ouvrir la boîte sans casser les pétales, puis comment garder une boîte entamée.

Servir une ventrèche de conserve sans l’abîmer

  1. Sortez la boîte du réfrigérateur un quart d’heure avant : l’huile d’olive se fige au froid et masque les arômes tant qu’elle n’est pas revenue à température.
  2. Ouvrez à plat, sans incliner la boîte, pour ne pas faire glisser les pétales les uns sur les autres.
  3. Prélevez les morceaux avec une fourchette large ou une petite spatule, en soulevant plutôt qu’en tirant : la chair de ventrèche cède dans le sens des fibres.
  4. Posez les pétales côte à côte sur l’assiette, jamais en tas, et laissez-les tels qu’ils sortent de la boîte.
  5. Récupérez l’huile restée au fond et versez-en une cuillerée sur la chair ou sur le pain. Elle a pris le goût du poisson.
  6. Assaisonnez à peine : fleur de sel si besoin, poivre du moulin, rien d’autre tant que vous n’avez pas goûté. Une ventrèche correctement mise en boîte n’attend aucune sauce.

Garder une boîte entamée

  1. Transférez le reste de chair dans un contenant en verre : le métal ouvert donne vite un goût à ce qu’il contient.
  2. Remettez toute l’huile de la boîte par-dessus, puis complétez à l’huile d’olive jusqu’à ce que la chair soit recouverte. C’est l’huile qui protège.
  3. Fermez hermétiquement et placez au réfrigérateur.
  4. Consommez sous deux à trois jours, et sortez le bocal à l’avance pour que l’huile redevienne liquide.
  5. Ne recongelez pas et ne réchauffez pas : la ventrèche perd sa tenue dès qu’elle repasse à la chaleur.

Laquelle choisir ?

Les deux boîtes répondent à deux envies. Le plus juste est de partir de la table.

Pour la finesse

Si vos convives aiment un goût de poisson discret, ou si la ventrèche doit se fondre dans un pintxo, sur un pain grillé frotté de tomate, la ventresca de germon d'Ortiz répond à cette attente.

Pour le gras et la mâche

Si vous cherchez une chair qui se mange seule, à la fourchette, et qui tienne tête à une tomate mûre ou à un oignon doux, la ventrèche d'albacore de Balima est faite pour cela. Sa fiche produit dit comment elle est préparée.

Goûter les deux

Le plus simple reste de les ouvrir côte à côte, à température ambiante, avec le même pain. Deux bouchées suffisent à régler la question, selon le palais de la table.

Vos questions sur la ventrèche

Germon ou albacore : laquelle est la meilleure ventrèche ?

Aucune des deux ne domine l’autre, elles ne cherchent pas la même chose. Le germon vise la finesse : chair claire, fibre courte, goût qui s’efface. L’albacore vise le gras et la longueur en bouche : pétales plus larges, goût de thon plus net. Servez-les côte à côte et la question se règle en deux bouchées, selon le palais de la table.

Peut-on remplacer l’une par l’autre dans une recette ?

Techniquement oui, mais le résultat change. Sur un pain grillé frotté de tomate, le germon se fond dans l’ensemble ; l’albacore reste identifiable et porte le plat. Dans une salade avec des légumes marqués — poivron, oignon doux, haricot — l’albacore tient mieux. Avec des produits discrets, le germon évite d’écraser le reste.

Faut-il cuire la ventrèche en conserve ?

Non. Le poisson est déjà cuit en conserverie : la repasser à la poêle ou au four la dessèche et casse les pétales. Si vous l’intégrez à un plat chaud, posez-la hors du feu, à la dernière seconde, sur des pâtes ou des pommes de terre encore tièdes.

Pourquoi certains morceaux se défont dans la boîte ?

Parce que la partie ventrale est traversée de graisse et ne tient pas comme une longe. Le parage à la main limite la casse : on sépare les pétales au lieu de trancher au travers, et on les range sans les tasser. Un pétale qui se divise en bouche est normal ; un fond de boîte en morceaux brisés signale une découpe faite trop vite.

L’huile d’olive, faut-il la jeter ?

Surtout pas. Chez Balima, elle est choisie comme un ingrédient de la recette, pas comme un liquide de remplissage : après le temps passé en boîte, elle a pris le gras et le parfum du poisson. Versez-la sur du pain, montez-en une vinaigrette, finissez-en une assiette de légumes.

Où trouve-t-on ce genre de produit ?

La ventrèche se vend à part des autres conserves de poisson, en petits formats, chez les épiciers fins et les caves qui travaillent la conserve. Ortiz est distribué largement et sert de repère au rayon. Balima tient sur une seule ligne — la ventrèche d’albacore à l’huile d’olive — produite en petites séries, et s’adresse aux grossistes et détaillants qui cherchent exactement ce morceau-là.

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